Dessins animés et temps d'écran avant 6 ans : trouver un équilibre sans culpabiliser

ENFANT MOINS DE 6 ANSTEMPS D'ÉCRANRECOMMANDATIONS

par Julie MECKES

yellow and white abstract painting

Les écrans ne sont pas le problème… c'est leur place dans la journée !

Un dessin animé de temps en temps n'empêchera pas un enfant de bien grandir. Ce qui compte davantage, c'est le contexte :

A quel moment est-il regardé ?

Combien de temps dure-t-il ?

Que se passe-t-il avant et après ?

L'enfant a-t-il aussi l'occasion de jouer librement, de bouger, d'imaginer, de discuter, de s'ennuyer parfois ?

Les jeunes enfants construisent leur développement grâce aux interactions avec leur entourage, aux jeux, au mouvement et aux expériences vécues.

Les écrans ne remplacent pas ces besoins fondamentaux.

Avant 6 ans, il est généralement recommandé de limiter le temps d'écran à une trentaine de minutes par jour, en dehors des usages exceptionnels.
Bien sûr, il y aura toujours des journées particulières, des vacances, des longs trajets ou un dimanche pluvieux où l'on regardera un peu plus...

Une soirée cinéma en famille autour d'un beau film d'animation est aussi un merveilleux moment de partage. On prépare du pop-corn, on se blottit sous un plaid, on rit, on échange… Ces moments ont eux aussi une valeur !

Ce qui compte n'est pas la perfection, mais l'équilibre sur la durée !

Télévision plutôt que les écrans portables...

Quand on parle d'écrans, on pense souvent à la durée. Pourtant, le support utilisé a aussi son importance.
Dans la mesure du possible, je conseille d'éviter que les jeunes enfants disposent d'un téléphone ou d'une tablette pour regarder leurs dessins animés au quotidien.

Pourquoi ?

Parce que ces appareils donnent rapidement l'impression que les contenus sont accessibles partout, tout le temps.
L'enfant comprend très vite qu'il peut avoir Netflix, Disney+, YouTube ou d'autres plateformes à portée de main, dans la voiture, au restaurant, dans la salle d'attente ou dès qu'il s'ennuie...

À l'inverse, la télévision reste un objet familial. Elle est installée dans une pièce de vie, on la regarde ensemble ou à des moments définis, et surtout…
on l'éteint ensemble !
Le cadre est beaucoup plus facile à maintenir.

Autre point important : le téléphone est un objet d'adulte. En évitant d'en faire un support de divertissement dès la petite enfance, on limite le risque que l'enfant le considère comme un objet qui lui est destiné.

Il ne s'agit évidemment pas d'une règle absolue. Il y aura toujours des exceptions. Mais lorsque cette habitude est mise en place très tôt, elle facilite souvent les choses par la suite.

Deux moments où il vaut mieux éviter les écrans

Le matin avant l'école

Au réveil, le cerveau de l'enfant se met progressivement en route.
Un dessin animé capte fortement son attention et peut rendre la transition vers l'école plus difficile. Après avoir été plongé dans un univers très stimulant, il peut être plus compliqué de quitter la maison, de supporter les frustrations ou de se concentrer en classe.

-> À la place, on peut privilégier un petit-déjeuner partagé, une musique douce, une comptine, une petite histoire ou simplement discuter de la journée qui commence.

Le soir avant de dormir

Après le repas, le cerveau a besoin de ralentir.
Les images, les sons et le rythme des dessins animés maintiennent l'attention en éveil alors que le corps se prépare au sommeil.

-> Instaurer un rituel du coucher (lecture, câlin, histoire, lumière tamisée…) aide l'enfant à retrouver progressivement le calme.

Les limites rassurent les enfants

On entend parfois :

« Il fait une crise quand j'éteins la télévision. »

Une frustration peut provoquer une forte réaction émotionnelle, surtout chez un jeune enfant dont le cerveau apprend encore à réguler ses émotions.
La crise ne signifie pas que la règle est mauvaise. Elle signifie simplement que votre enfant aurait préféré que cela continue.

Les limites font partie de l'éducation ! Elles permettent à l'enfant de savoir ce qui est possible, ce qui ne l'est pas et lui offrent un cadre sécurisant.

Être parent, ce n'est pas éviter toutes les frustrations. C'est accompagner son enfant lorsqu'il les traverse : rester présent, lui signifier qu'on comprend mais que la règle ne changera pas, lui proposer un câlin, une histoire...

"On n'avait jamais mis de règles… est-il trop tard ?"

La réponse est non ! (ouuuf !!!)
Il est toujours possible de modifier certaines habitudes.

Je partage ici une petite expérience personnelle...
Pendant une période, notre fille regardait un épisode de dessin animé le matin, pendant son petit-déjeuner, avant de partir à l'école. Ce n'était jamais plus d'un épisode et il s'agissait de programmes adaptés.
Puis, avec son père, nous nous sommes rendu compte que cela faisait malgré tout beaucoup de stimulation dès le réveil. Nous avions envie que ses journées commencent plus tranquillement...
Nous avons donc décidé de remplacer ce dessin animé par une petite histoire après lui avoir expliqué pourquoi le dessin animé ne serait que les jours où il n'y avait pas école (« c'est mieux de lire une histoire avant d'aller à l'école ! Le week-end tu pourras regarder un dessin animé. » - toujours utiliser des explications simples avec des mots adaptés à l'âge, sans rentrer dans des explications savantes !).
Un matin, son papa lui lisait un album/livre et le lendemain, c'était mon tour.

Honnêtement, nous pensions que ce changement serait difficile. Et finalement, cela s'est passé beaucoup plus facilement que nous l'imaginions.

Ces cinq minutes de lecture sont devenues un vrai rituel ! Nous étions pleinement disponibles pour elle et, contre toute attente, l'habillage, le brossage des dents et le départ pour l'école se sont faits dans une ambiance beaucoup plus sereine (pour nous comme pour elle!).

Cette expérience m'a rappelé quelque chose d'important : lorsqu'on retire un écran, il est souvent plus efficace de proposer un autre moment agréable que de simplement supprimer une habitude.

Chaque famille trouvera son propre équilibre : une histoire, une chanson, un petit jeu, un petit-déjeuner pris ensemble, une discussion sur la journée qui commence… Dans une fratrie, cela peut aussi être l'occasion que le plus grand raconte ou lise une histoire au plus petit.

L'idée n'est pas de reproduire exactement ce qui fonctionne chez les autres, mais de chercher ce qui conviendra à votre famille.

Si vous instaurez une nouvelle règle, il est probable que votre enfant proteste et c'est normal. Il ne réagit pas parce que vous êtes injuste. Il réagit parce qu'il perd une habitude qui lui plaisait. Vous pouvez expliquer simplement :

« Nous avons décidé que les dessins animés seront regardés à un autre moment de la journée. Nous savons que ce changement ne te fait pas plaisir, mais c'est notre rôle de choisir ce qui est bon pour toi. »

Puis accueillir son émotion :
« Je vois que tu es en colère. Tu aurais aimé continuer. »
Sans revenir sur la règle.

Les enfants s'adaptent souvent beaucoup plus vite que ce que l'on imagine lorsque les adultes restent calmes, cohérents et constants.

Ce que nous disent les recommandations

Les connaissances actuelles sur le développement du jeune enfant vont toutes dans le même sens : avant 6 ans, les écrans gagnent à rester limités, choisis et accompagnés par un adulte.

Les spécialistes rappellent également quelques repères simples :

  • privilégier des contenus adaptés à l'âge de l'enfant

  • limiter le temps d'écran à environ 30 minutes par jour avant 6 ans (hors situations exceptionnelles)

  • éviter les écrans le matin avant l'école et le soir avant le coucher

  • favoriser les échanges autour de ce qui est regardé plutôt qu'un visionnage passif

  • préserver le temps consacré au jeu libre, aux histoires, aux activités créatives, aux sorties, au mouvement et aux interactions familiales.

Ces recommandations sont notamment relayées par Santé publique France, les professionnels de la petite enfance et de nombreuses sociétés savantes qui travaillent sur le développement de l'enfant.

L'objectif n'est pas de diaboliser les écrans, mais de leur laisser une place qui ne prenne pas celle des expériences dont un jeune enfant a le plus besoin pour grandir.

Quelques dessins animés que j'aime particulièrement

Petit aparté personnel : avant de vous proposer une petite sélection de dessins animés que j'apprécie particulièrement, j'aimerais apporter une précision importante !

Je ne suis absolument pas dans le jugement concernant les dessins animés que vous regardez avec vos enfants.
Et je dis cela aussi avec beaucoup de sincérité parce que… je suis moi-même une grande amatrice de dessins animés ! J'ai grandi dans les années 90 avec le Club Dorothée, les Minikeums et beaucoup d'autres programmes. Le terme « geek » me correspondrait même assez bien : j'aime les séries animées, les films d'animation, les mangas et tout cet univers qui fait partie de ma culture.

Comme beaucoup de personnes de ma génération, j'ai passé beaucoup de temps devant les écrans. Probablement beaucoup de temps même !
Mais il est important de se rappeler que le contexte n'était pas le même.
- Nous n'avions pas accès à une multitude de plateformes disponibles en permanence.
- Nous n'avions pas Internet dans nos poches, pas de téléphone portable avec des vidéos accessibles à tout moment, pas d'algorithmes nous proposant sans cesse un nouveau contenu à regarder.
- Notre consommation était naturellement limitée par la technologie de l'époque : il fallait attendre l'heure du dessin animé, regarder ce qui était diffusé, puis éteindre la télévision.

Aujourd'hui, les enfants grandissent dans un environnement complètement différent.
Le défi n'est donc pas de comparer avec notre propre enfance, ni de culpabiliser parce que « nous regardions la télévision aussi ».
Le défi est simplement de nous adapter à un nouveau contexte.

Les écrans d'aujourd'hui offrent aussi de très belles choses : ils peuvent transmettre des histoires, éveiller la curiosité, faire découvrir le monde, développer l'imaginaire…
à condition qu'ils gardent une place adaptée dans la vie de l'enfant.

Alors gardons ce qui nous plaisait dans les dessins animés de notre enfance, choisissons des contenus de qualité, posons un cadre rassurant… et avançons avec les réalités d'aujourd'hui ;)

Fin de l'aparté !

Tous les dessins animés ne se valent pas !


Sans prétendre établir une liste exhaustive, voici quelques programmes que j'apprécie particulièrement, aussi bien comme psychopraticienne que comme maman.

Les séries animées

Bluey (Disney+)

Mon immense coup de cœur ! Je crois que c'est le dessin animé que je recommande le plus autour de moi (« quoi ? t'as jamais regardé Bluey !!!! Mais c'est tellement génial !!! »)

Les épisodes sont courts, drôles, tendres et montrent des parents qui prennent le temps de jouer avec leurs enfants. En tant que maman, je m'y retrouve souvent.
Je me surprends à rire autant que ma fille et j'y puise régulièrement des idées de jeux simples à refaire à la maison.

Les Enquêtes Sauvages (Netflix)

Une série passionnante pour les petits curieux !

Chaque épisode est une aventure qui permet de découvrir le monde animal de manière ludique.
Les enfants apprennent énormément de choses sans avoir l'impression d'être en train d'apprendre (et en plus vous allez « remuer le derrière ! »)

Mira, détective royale (Disney+)

Une jolie série de petites enquêtes qui fait découvrir la culture indienne avec beaucoup de douceur, de musique et de couleurs.

Les séries animées à éviter !


D'après les spécialistes de l'enfance (pédopsychiatres, orthophonistes et pédiatre notamment).


- Cocomelon : rythme visuel frénétique, musiques permanentes et couleurs criardes qui donnent des effets « d'hypnose » avec pic de dopamine. Tout cela favorise l'irritabilité et l'hyperactivité.


- La Pat' Patrouille (et oui... et j'avoue y être passé... personne n'est parfait !) : le montage est extrêmement saccadé et l'action est trop continue (bruit de sirène, explosion, cris, gadgets fluos...) qui ne permettent pas à l'enfant de traiter l'information. Cela fatigue le cerveau et peut amener l'enfant à des comportements agités suite au visionnage. De plus, d'un épisode à l'autre, l'aventure est répétitive : il se passe un événement non prévu, Ryder appelle les chiots, les chiots réparent/sauvent et FIN.
Pas de richesse scénaristique à mon humble avis (même pour un jeune enfant c'est un peu light !).


- Les vidéos de Youtubeurs type « unboxing » (je vous avoue que je ne connais pas à titre personnel) : ces vidéos mettent en scène de vrais enfants ou des adultes qui ouvrent des cadeaux/boîtes avec des jouets, et qui jouent avec. Tout cela avec des effets sonores rajoutés et des voix sur-aiguës. Cela peut pousser à une frustration extrême et à une envie d'acheter et d'avoir tous ces jouets, même chez des tout-petits, qui n'ont pas le recul nécessaire pour comprendre la mise en scène.

Mes films d'animation préférés

Ponyo sur la falaise / Mon voisin Totoro (Studio Ghibli)

Impossible pour moi de ne pas citer ces deux chefs-d'œuvre !
Ils célèbrent la nature, l'amitié, la curiosité, la douceur, l'imaginaire et la relation aux autres.

Leur rythme est calme, poétique, loin de la surstimulation que l'on retrouve parfois dans certaines productions récentes.
Ils laissent de la place à l'émerveillement et nourrissent l'imaginaire des enfants.

Encanto (Disney)

Un très beau film familial !

On y parle de la famille, des différences, des talents de chacun, des fragilités aussi.
C'est un film qui invite à la tolérance et montre que chacun a sa place, même lorsqu'il ne correspond pas aux attentes des autres.

Les films d'animation à éviter (surtout avant 6 ans) !

D'après les spécialistes de l'enfance (pédopsychiatres, orthophonistes et pédiatre notamment).

- Les films pouvant créés des angoisses de séparation ou de deuil : vous devinerez dans cette liste quelques chefs-d'oeuvre de Disney tels que Le Roi Lion, Bambi, Le Monde de Némo.

- Ceux qui contiennent de vrais scène de terreur visuelle : comme La petite Sirène (la méchante Ursula et sa grotte sordide), Toy Story 1 (Sid qui mutile des jouets) ou encore Vice-Versa (le clown géant tapi dans le subconscient)...

- Les Ghibli-piège comme Le Voyage de Chihiro, La Château ambulant ou Princesse Mononoke. N'oublions pas que les Studio Ghibli font souvent des films d'animation destinés aux adultes !

La plupart des dessins animés cités ci-dessus sont évidemment très bons, et je les adore comme beaucoup,
mais attention car la plupart sont adaptés à des enfants de plus de 6 ans.

Le petit mot de la psychopraticienne

S'il y avait une seule idée à retenir de cet article, ce serait celle-ci : n'ayez pas peur des frustrations de votre enfant !
Les frustrations font partie de son développement. Elles lui permettent peu à peu d'apprendre à patienter, à renoncer parfois, à gérer ses émotions.

Votre présence, votre écoute et la stabilité des règles que vous posez l'aideront bien davantage que la recherche d'un quotidien sans pleurs ni conflits.

Les limites données avec calme sont aussi une manière de dire à son enfant « je prends soin de toi ».

Les écrans font partie de notre quotidien.
Dessins animés, vidéos, tablettes... ils sont présents dans la plupart des familles.

Pourtant, ils suscitent aussi beaucoup de questions, et parfois de la culpabilité chez les parents.

« Est-ce grave s'il regarde un dessin animé ? »


« J'ai pris cette habitude pour pouvoir préparer le repas... »


« Mon enfant réclame tout le temps la télévision. »

Si vous vous posez ces questions, rassurez-vous : « vous n'êtes pas seuls ! » (comme dirait Marine Léonardi !)

L'objectif n'est pas de supprimer totalement les écrans,

mais d'aider votre enfant à construire une relation équilibrée avec eux.

Avant de commencer

J'aimerais préciser une chose importante.

Cet article ne vise pas à dire qu'il existe une manière parfaite de gérer les écrans !


En tant que psychopraticienne, mais aussi en tant que maman, je sais que le quotidien des familles est parfois bien loin des recommandations idéales.

Entre le travail, la fatigue, les imprévus, une fratrie, un bébé qui réclame de l'attention ou simplement le besoin de souffler quelques minutes...

Nous faisons tous de notre mieux !

Les conseils que vous trouverez ici sont des repères, issus des connaissances actuelles sur le développement de l'enfant, des recommandations de professionnels de la petite enfance, mais aussi de mon expérience personnelle et clinique.

Ils ne sont ni des injonctions,
ni des jugements !

Chaque famille est unique.
Chaque enfant est différent.
À vous de vous approprier ces pistes et de les adapter à votre réalité, avec bienveillance envers votre enfant…
mais aussi envers vous-même ;)

minion et les écrans
minion et les écrans

En conclusion...

Les écrans ne sont ni des ennemis, ni une solution miracle.

Comme souvent en parentalité, ce n'est pas la recherche de la perfection qui aide les enfants à grandir, mais la constance, le cadre et la qualité de la relation.

Si, après la lecture de cet article, vous décidez simplement de décaler le dessin animé du matin, de lire une histoire supplémentaire dans la semaine ou de ranger un peu plus souvent la tablette dans un tiroir, ce sera déjà un joli pas en avant :)

Et si, certains jours, cela ne se passe pas comme prévu, ce n'est pas grave.

Les enfants n'ont pas besoin de parents parfaits. Ils ont besoin de parents suffisamment disponibles, capables de poser un cadre avec bienveillance et de s'autoriser eux aussi à apprendre en chemin.

cocomelon enfant
cocomelon enfant
A small child standing in front of a television
A small child standing in front of a television
Contact

Pour toute question, n'hésitez pas à me joindre.

par email :

par téléphone ou sms :

© 2026. All rights reserved.

Adresse

20 avenue de la Clapière

05200 EMBRUN